dimanche 29 janvier 2012

Expérience Glacée

Après Rovaniemi (Finlande), Jukkasjärvi (Suède) ou encore Québec (Canada), il est désormais au tour de Montréal de posséder lui aussi son hôtel tout de blanc vêtu.


Situé en plein cœur de l’île Sainte-Hélène, avec une vue somptueuse sur le centre-ville, cet attrait touristique ravira tant les plus téméraires qui s'essayeront à passer la nuit tels de vrais petits Inuits que les puristes désireux d'admirer les charmes d'un travail minutieux de longue haleine. Toutefois, contrairement à celui de Québec qui s'est bâti exclusivement par le biais de blocs de glace, celui-ci affiche fièrement sa différence en revendiquant son statut de « village de neige » ! Néanmoins avant de s'aventurer dans une multitude d'éloges à venir, il convient de s'entendre en amont sur les termes puisqu'il en revient aux cinq igloos indépendants, au restaurant, au bar, à la chapelle ainsi qu'aux quatre jacuzzis extérieurs de lui conférer le titre honorifique, bien que mensonger, de « village ». Cependant, sa réelle spécificité réside dans sa construction puisque ce domaine fut érigé en se référant aux techniques scandinaves qui recourent exclusivement à de la neige véritable.

 
Le Restaurant
Couloir de l'hotel



















Mais, laissons à présent place à l'expérience en tant que telle en vous témoignant des péripéties de cette nuitée « nichée » dans la chaleur relative d'un igloo !
Entrée de notre chambre d'un soir !

Inévitablement abasourdi par des jeux de lumière sobres et efficaces qui conférèrent à ce lieu un caractère enchanteur, je fus visuellement conquis dès les premiers instants de cette aventure. Et, que ce soit le délicieux cocktail d'accueil ou la décoration minutieusement réfléchie, tous deux insufflaient une vague de chaleur permettant de passer outre la température réelle. Ainsi chaque regard ne pouvait qu'inévitablement s'émerveiller devant la beauté des sculptures et des agencements en place. Ayant par ailleurs à cœur de ne pas lésiner sur le réconfort de ses convives, ce village des neiges permit de passer de cet espace douillet à la chaleur tangible des jacuzzis extérieurs. Ces derniers offrirent une tout autre dimension à l'aventure notamment par le biais de cette vue sublimissime que les hauteurs de leur emplacement offraient : les buildings illuminés de Montréal, le pont Jacques-Cartier, le fleuve Saint-Laurent, le village des neiges et ses jeux de lumière, la neige, les bienfaits d'une séance de Spa en plein air par -15 degrés... Voici quelques ingrédients permettant au bonheur de véritablement prendre corps...

Mais, trêve de plaisanterie, passons à présent à la réelle expérience de cette aventure, à savoir dormir au sein d'un igloo où la température oscille entre -2 et -5°C. Après s'être armés des conseils avisés de l'équipe d'accueil, tous les clients se vêtirent de quelques couches de vêtements bien secs avant de s'emmitoufler dans un sac de couchage individuel permettant d'affronter des températures allant jusqu’à -30°C. Confortablement installé sur un lit de glace grand format heureusement doté d'un matelas prévu à cet effet, nous fument donc fin prêt à affronter cette nuit d'hiver québécoise. Il convient toutefois de noter que l'expérience peut s'avérer particulièrement anxiogène en fonction des sensibilités personnelles. En effet, un sentiment de claustrophobie couplé à une dépense énergétique pour lutter contre le froid nécessitent tout de même d'être animé par un sentiment sécuritaire que le village de neige favorise largement en offrant, entre autres, la possibilité de recourir à des chambres de secours relativement surchauffées pour l'occasion. Néanmoins, cette alternative nourrit simplement des besoins psychologiques puisque l'aventure permet d'assurer une nuit des plus agréables qui ne m'a clairement pas laissé de glace...


« Igloo Sweet Igloo » ...



samedi 14 janvier 2012

Ottawa

Colline Parlementaire
Cosmopolite, la capitale du Canada ravira celles et ceux qui sont tant attirés par la culture européenne qu'américaine. Située dans la province de l'Ontario, la ville a institué depuis 2002 une politique de bilinguisme idéale pour nous Français qui pâtissons grandement de l'approche pédagogique en vigueur pour l'apprentissage des langues étrangères. De plus, la ville possède des atouts touristiques indéniables. Ainsi, de la colline parlementaire au canal rideau gelé, cette capitale mérite de s'y arrêter. 

Toutefois, pour un pays de l'ampleur du Canada, le caractère clairement limité des attraits majeurs d'Ottawa reste à déplorer. En effet, une seule journée semble amplement suffire pour apprécier la grande majorité de ses charmes touristiques. Quoi qu'il en soit, la passion des locaux pour leurs histoires ainsi que leur grande sympathie offre une dimension tout autre à la visite du parlement et des divers musées. Et, en terme de civisme, cette ville n'a rien à envier au grand savoir-faire québécois. 
Intérieur du Parlement
Bref aperçu de la diversité architectural

Dans une tout autre mesure, Ottawa m'a permis de vivre une expérience particulièrement inédite. En effet, j'ai passé une nuit derrière les barreaux... !

Home Sweet Home
Située dans une ancienne prison restaurée, l'auberge de jeunesse Hi-Ottawa Jail Hostel offre ainsi une expérience unique, mais surtout sans danger ! Chaque cellule réaménagée a revu le confort à la hausse sans pour autant dénaturer le cachet si particulier de cette ancienne prison du comté de Carleton empreint d'une grande valeur historique. Du couloir de la mort à l'accès unique pour tout le bâtiment pour l'espace sanitaire, cette ancienne prison a scrupuleusement conservé ses origines, au plus grand plaisir des faux téméraires...

lundi 9 janvier 2012

Premier bilan...

Me voici déjà à mi-parcours de cette merveilleuse aventure québécoise. Il m'est donc grand temps d'en faire un court état des lieux. Pour ce faire, il s'avère clairement inutile de vous abreuver d'anecdotes futiles en vous affirmant, par exemple, qu'ici la Badoit ou encore les costumes d'Halloween se vendent dans les pharmacies, qu'ils comptent en pieds, en pouces voire en verges, que toutes leurs plaques d'immatriculation sont signées de la devise "je me souviens" sans que personne ne soit en mesure de se remémorer pourquoi, qu'ici les "gosses" servent à faire des enfants, que les agences de covoiturage vous appellent après votre inscription sur l'un de leurs sites internet en allant jusqu'à laisser un message demandant de les re-contacter simplement pour vous souhaiter la bienvenue, que leurs briques de jus de fruits ne fassent pas 1L, mais 960 ml quand leurs pots de confiture sont de 235 ml ou encore que le tableau des valeurs nutritives se retrouve systématiquement sur les bouteilles d'eau pour afficher fièrement ses compteurs à zéro...
Non il m'est inutile de vous abreuver de tant de spécificités puisque sinon je me verrais dans l'obligation de vous faire remarquer qu'ici il faut attendre moins de 15 minutes pour se voir délivrer sa carte soleil (qui est l'équivalent de notre carte d'assurance maladie), que le civisme existe tangiblement (si, si, je vous assure, c'est possible en fait !), qu'ils ne changent pas le nom d'un film américain en un autre nom anglais, mais qu'ils le francisent bel et bien (In Time (USA) -> Time out (Fr) -> En Temps (Ca); Hangoover (USA) -> Very Bad Trip (Fr) -> Lendemain de fête (Ca), ...), que le client a réellement un pouvoir d'action sur l'amabilité des serveurs par le biais des "tips" ou encore que la priorité sur les passages piétons n'est pas une fiction... !

Préparation de la tir d'érable !
Non, je ne vous assommerai d'aucun de ces échos plus ou moins satiriques pour m'atteler directement à ce court état des lieux que je vous assurais en début d'article... Compte tenu de certaines obligations scolaires je n'ai malheureusement pas pu errer au sein de ce pays/continent au gré de mes envies. En effet, je n'ai actuellement dû me cantonner qu'à la ville de Québec ainsi qu'à sa principale rivale qu'est Montréal. Le reste de mon aventure s'annonce toutefois bien plus prolifique en termes de voyages. Cependant j'en ai déjà grandement appris sur la culture québécoise qu'il convient de différencier de la canadienne mais encore plus de l'américaine (si vous ne voulez pas vexer 99,9 % de la population de ma province d'accueil temporaire !). De plus je me suis familiarisé avec de nombreux mets et boissons typiques du pays. En effet, mon estomac a eu l'honneur de digérer la fameuse poutine, le cheesecake, les bagels, les gâteaux à la carotte, les muffins à la canneberge, les queues de castors, la tire d'érable (ainsi que tous les produits dérivés de cette matière première qui fait office de veritable patrimoine nationale), le flotteur, l'alcool de caribou, le vin et le cidre de glace, quelques bières typiques (la Fin du monde, la Maudite, l'Éphémère, la Molson...), les divers alcools d'érable, de cannelle ou encore d'amande... Etc. Néanmoins, compte tenu de mon régime alimentaire, j'ai dû passer mon tour sur le pain de viande, la tourtière, le pâté chinois ainsi que tant d'autres plats dit "du terroir" qui semblent si ragoûtants...!

 
De gauche à droite, le flotteur et la queue de castor...


Pour ce qui est du climat, la nature à été relativement clémente puisque que le - 20° C n'a été affiché fièrement qu'à une seule reprise !

Quoi qu'il en soit, mon intégration est belle et bien effective et j'ai hâte de profiter pleinement de chaque seconde qu'il me reste à vivre sur ces terres si enrichissantes personnellement...

mercredi 4 janvier 2012

New-York

« Je suis abasourdi par le nombre de personnes qui veulent connaître l'univers alors qu'il est déjà suffisamment difficile de se repérer dans le quartier chinois de New-York » Woody Allen.


Central Park, SoHo, Harlem, Chinatown, Wall Street, Times Square, … Tant d'évocations qui bercent un imaginaire ayant enfin croqué la « Big Apple »...






Des « Blocks » aux quartiers identitaires ces agencements toujours plus visionnaires et surréalistes plongent chaque regard dans une succession de perspectives et de hauteurs surdimensionnées. Cependant, le réel secret de cette ville réside, à mon sens, dans une cohabitation équilibrée de la nature avec un urbanisme d'une modernité sans pareil. Tout semble donc possible et New-York fait ainsi rêver à juste titre. Cependant, il convient inévitablement d'ajouter à cette réussite le sentiment de sécurité qui se dégage tangiblement. Il est évident que la prudence et le bon sens sont de mises, mais la politique de « tolérance zéro » qui règne au sein de cette ville a permis un renforcement massif des patrouilles de police.

 

















Toutefois, loin de pouvoir me vanter d'avoir visité New-York, j'ai néanmoins grandement déambulé dans le « borough » le plus touristique qu'est Manhattan. Cette île, ivre de richesse, revêt mille et un visages et chacun de ses quartiers détient une identité spécifique. De plus, ce « cœur de New-York » regroupe les monuments les plus célèbres bien qu'il soit le district des 5 boroughs ayant la plus petite superficie. Ainsi malgré un agenda largement ouvert, je n'ai évidemment pas eu le temps de tout voir. À ce titre, New-York restera, à mes yeux, la ville des possibilités infinies, indomptable et tellement inaccessible.

Quoi qu'il en soit, j'ai eu l'honneur d'arpenter au gré de mes envies diverses avenues de l'île, d'admirer les illuminations de la statue de la Liberté, de me hisser au sommet de l’Empire State Building, d'entrer dans une faille temporelle afin de saluer les dinosaures du Museum of Natural History, de retenir une table de l'un des 15 000 restaurants de la « Grosse Pomme », de flâner au gré des boutiques de Broadway, de la 5th Avenue ou encore de Times Square, de faire un jogging matinal dans Central Park, de voguer autour de l'île qu'est Manhattan, de me cultiver dans l'un des 300 musées new-yorkais, ..., bref, de devenir une particule, le temps d'un sablier nommé Manhattan...




O.Noir

Cet article fait office de témoignage d'une expérience culinaire aux antipodes de la poutine. En effet, loin du visuel incommodant de cette dernière, le concept dont il est question voit la cécité en guise de nécessité...! Cette particularité fait déjà fureur au sein de diverses nations européennes, en Australie, à Los Angeles, à New York ou encore à Montréal. Ainsi, il s'agit d'un restaurant qui propose des repas durant lesquels l'intégralité des convives est entièrement plongés dans le noir. Aucune lumière, aucun indice pour un sentiment d'immensité comblé uniquement par le bruit des clients tentant de compenser la perte de l'un de leur sens par une augmentation sonore !
Le service est effectué par des guides non-voyants afin d'insuffler une visée solidaire tout en offrant une sensibilisation positive à ce handicap. Cette expérience unique permet ainsi de mettre en éveil tous nos sens et de les développer le temps d'un soir. Et bien que ce moment apprenne à prendre pleinement conscience de tout ce qui nous entoure, je regrette toutefois certaines améliorations qui auraient pu offrir une dimension tout autre à l'événement (présence de caméra infrarouge à consulter, possibilités d'arpenter la pièce pour visualiser l'espace, etc.). Mais qu'importe, le moment vécu assure des fous rires conséquents et les papilles gustatives sont fièrement en émois pour ainsi laisser un souvenir indélébile d'une soirée/expérience que je vous conseille aveuglément... !

mardi 3 janvier 2012

Québec

Située à environ trois heures de Montréal, la capitale de la province du Québec offre un spectacle aux antipodes de ce que j'avais pu expérimenter jusqu'à présent. Plus petite, cette ville fière de ses origines, possède ainsi plus de charme et de caractère. En effet, que ce soit l'architecture du 18ème, les diverses vues sur le Saint-Laurent, les ruelles commerçantes, les alentours de pleines natures ou encore la citadelle, cet ensemble hétéroclite est des plus appréciable. Alors que Paris et Venise se livrent une guerre sans fin pour s'octroyer le palmarès du romantisme occidental, la ville de Québec semble œuvrer pour obtenir un jour une reconnaissance de cette envergure. Et, bien que limitée par son histoire récente, elle dévoile toutefois des charmes indéniables avec en guise de "cerise sur le sunday" (expression typique) le froid et la neige qui alimentent l'envie de s'emmitoufler dans les bras de sa partenaire...



Il est néanmoins à noter que la visite de cette ville fortifiée d'Amérique du Nord se cantonne majoritairement à l'arrondissement historique du Vieux-Québec qui s'avère être uniquement un lieu touristique. Quoi qu'il en soit ce berceau de l'Amérique française se caractérise par une chaleur humaine sans pareil et par la passion des locaux pour leur patrimoine. 

Vue sur le Vieux Québec
En guise de conclusion, j'affirmerai que l'once d'amertume alimentée par les éloges tangiblement démesurés des Montréalais pour ce qui a trait aux décorations de Noël québécoises n'a nullement entaché le plaisir de la découverte de cette capitale ou la sérénité et le civisme semblent faire office de patrimoine national...